Madagascar : Les toilettes de la fortune

11 janvier 2017

Madagascar : Les toilettes de la fortune

Je suis très excité et j’ai des papillons dans le ventre. Tout le monde au village attend d’en savoir plus sur ma visite au bureau de Medair en ville.

Au printemps, j’ai suivi une formation dispensée par Medair pour construire et vendre des toilettes Sanplat. J’avais des difficultés financières. En tant qu’aide-enseignant, je ne gagnais pas un salaire régulier. Pour subvenir aux besoins de ma femme et de ma fille de trois ans, j’empruntais souvent de l’argent. Lorsque j’ai entendu dire que Medair recherchait des personnes à qui enseigner comment fabriquer des toilettes, je me suis inscrit pour la bonne cause et le revenu supplémentaire. 

Ma famille et moi-même avions pris l’habitude de faire nos besoins près de la rivière et la plupart de nos voisins faisaient comme nous. Mais plus maintenant ! Aujourd’hui, nous avons nos propres toilettes, aménagées avec la toute première dalle Sanplat que j’ai fabriquée juste après avoir terminé la formation de Medair.

Pendant les vacances scolaires, j’ai construit toilettes après toilettes. Je fais attention aux détails et je veille à ce que les finitions soient parfaites. Certaines personnes pensent peut-être que ce ne sont que des toilettes, mais si nous voulons que les gens les utilisent, il faut qu’ils soient attrayants. Les gens se donnent le mot. De nombreuses personnes attendent aujourd’hui leur tour pour que je leur fabrique des toilettes. 

Avec l’argent que j’ai gagné en vendant et en construisant mes premières toilettes, j’ai pu subvenir à nos besoins élémentaires. Et aujourd’hui, j’ai remboursé tout l’argent que j’avais emprunté. Ma femme est très heureuse car nous arrivons même à économiser maintenant. Notre vie avant que je commence à vendre des toilettes était complètement différente de la vie que nous menons aujourd’hui.

Ma famille est très fière de moi. Auparavant, pour chaque projet de construction, ils faisaient appel à des travailleurs de la capitale. Mais Medair recrute parmi la population locale et ma famille est fière que j’aie été choisi pour faire partie des personnes formées. Construire des toilettes et contribuer au bien-être de la communauté ont permis à ma famille de se sentir valorisée.

Si je suis à Maroantsetra aujourd’hui, ce n’est pas uniquement pour visiter les bureaux de Medair. J’ai reçu une excellente nouvelle : je suis admissible pour devenir enseignant-fonctionnaire, après tant d’années à travailler comme aide-enseignant. Voilà pourquoi je n’arrête pas de sourire. L’argent que j’ai gagné en vendant des toilettes m’a aidé à payer mon inscription et les frais de voyage. En toute honnêteté, si je n’avais pas gagné cet argent, postuler pour devenir employé gouvernemental n’aurait pas été possible.

Je ne pensais pas dire ça un jour, mais ces toilettes m’ont porté chance. Merci !

-  Aulin Rasoloherindrainy

Francis, responsable du projet latrines de Medair, félicite Aulin pour son travail exemplaire :

« Félicitations, 17 latrines construites en trois mois, c’est une grande première ! Ce record va être difficile à battre. »

En savoir plus sur les activités de Medair à Madagascar.

Le programme de Medair à Maroantsetra est rendu possible grâce au soutien de la DG Développement et Coopération internationale de la Commission européenne, la Direction suisse du développement et de la coopération, Chaîne du Bonheur et l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, ainsi que grâce à la générosité de nos donateurs privés.

Ce contenu a été élaboré à partir de ressources recueillies par le personnel de Medair sur le terrain et au siège. Les points de vue qui y sont exprimés n’engagent que Medair et ne reflètent en aucun cas l’opinion officielle d’autres organisations. 


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